Une start-up française reproduit fidèlement des organes synthétiques imprimés en 3D à partir d’imageries médicales

La reproduction en 3D du corps humain fait un bond dans le futur
Une start-up française arrive à reproduire fidèlement toute la complexité du corps humain en 3D.

Thomas Marchand et Sidarth Radjou sont deux entrepreneurs en passe de révolutionner l’impression 3D appliquée au monde médical.
La réalité finira toujours par rattraper la fiction. Avec une bonne dose de conviction et une volonté farouche d’innover, Thomas et Sidarth sont en train de révolutionner le secteur de l’impression 3D appliquée au domaine de la santé.

Avec Biomodex, ils sont aujourd’hui en mesure de modéliser des organes synthétiques qui se comportent comme les tissus humains.
Lauréats des Prix EDF Pulse 2016, ils permettent ainsi aux chirurgiens de s’entraîner la veille de l’opération en réduisant le risque opératoire.

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Un pied modélisé en 3D par Biomodex

Grâce au soutien d’EDF Pulse en 2016, qui leur a apporté notoriété et aide financière, ils ont pu développer leur start-up Biomodex. En modélisant très fidèlement les organes dans leur complexité, ils aident ainsi les chirurgiens dans leur formation et leurs préparations opératoires. Rencontre avec Thomas Marchand, un jeune entrepreneur à la pointe de l’impression 3D.

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Thomas Marchand, co-fondateur de Biomodex

Biomodex, qu’est-ce que c’est exactement ?
Biomodex est une société franco-américaine qui a aujourd’hui un peu plus de 2 ans. Je partage mon temps entre Paris et Boston. Notre bureau Recherche et Développement est à Paris mais l’enjeu commercial se situe principalement de l’autre côté de l’Atlantique.
Biomodex développe des organes synthétiques imprimés en 3D à partir de l’imagerie médicale (scanner, IRM ou échographie) qui peuvent être aussi bien mous comme les artères que durs comme l’os.

Nous reproduisons la biomécanique in vivo des organes, c’est-à-dire la façon dont les organes se comportent à l’intérieur du corps humain.

Nous sommes la société la plus avancée dans ce domaine actuellement.

Tu avais dès le départ une passion pour l’innovation ?
J’ai fait une école de commerce mais j’étais avant tout un « geek » de l’impression 3D. Ma passion, c’est de faire des choses qui ont un impact sur la société en passant par l’innovation. Avec mon associé, nous avons réfléchi à la façon de valoriser l’impression 3D pour la rendre utile aux gens. Une application dans le secteur médical est très vite apparue comme une bonne idée.

Ça a été difficile de créer Biomodex ?
Des difficultés, il y en a eu énormément ! Quand on a commencé, nous étions deux dans un petit bureau de l’Ecole Centrale de Paris. Aujourd’hui, nous avons une équipe de 25 personnes, des clients et avons un impact réel sur la santé des patients. Le chemin a été extrêmement compliqué et parfois même douloureux, comme toute aventure entrepreneuriale. Le plus dur a été de trouver les bonnes applications. En effet, notre technologie n’est pas forcément pertinente pour toutes les chirurgies. Il a fallu qu’on fasse un très gros travail de fond avec mon associé et qu’on défriche énormément de domaines chirurgicaux en rencontrant de nombreux chirurgiens. Cela nous a permis de déterminer les soins où nous pouvions vraiment apporter de la valeur clinique.

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Biomodex est à la pointe de la reproduction en 3D des organes

Une vraie révolution pour la chirurgie donc !
Les chirurgiens qui sont proches de la retraite, étaient circonspects. Pour eux, ce n’était pas nécessaire de s’entraîner avant une opération. Aujourd’hui, la nouvelle génération de praticiens est beaucoup plus ouverte. Ils ont bien cerné l’intérêt clinique. Nous avons même été contactés par l’Académie de Chirurgie pour présenter notre innovation.

Qu’est-ce qui est perfectible dans ton innovation ?
Cela serait présomptueux de dire qu’on est arrivé à un résultat 100% fidèle à l’être humain. Les organes et les tissus dont nous sommes faits sont infiniment complexes. C’est organique et c’est le résultat d’une évolution très longue. Au début du projet, tous nos logiciels plantaient car les fichiers 3D qu’on envoyait dans les ordinateurs étaient trop lourds et trop complexes pour être pris en charge correctement. On peut encore améliorer la biomécanique pour se rapprocher encore plus de la réalité. Aujourd’hui, on est très bon pour reproduire des artères. On atteint 90% de la fonctionnalité nécessaire à évaluer une opération dans le domaine vasculaire. Le cœur est très difficile à travailler car il est dynamique, il pompe et il est constamment en mouvement. C’est donc compliqué d’arriver à le modéliser mais nous sommes bien placés pour y arriver.

Les Prix EDF Pulse ont été une étape importante pour toi ?
EDF Pulse a eu plusieurs impacts. Notamment au tout début. Nous n’avions même pas un an quand nous avons commencé à travailler sur le dossier. Candidater nous a permis de faire une introspection du projet et de pouvoir mettre noir sur blanc notre offre. Cela nous a permis d’y voir plus clair et d’optimiser Biomodex.

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Biomodex est capable d’imprimer en 3D les tissus mous

Tes prochains challenges ?

Biomodex a pour vocation d’être le leader mondial de l’entraînement préopératoire patient-spécifique. Si on se projette à 5 ans, notre objectif est de traiter plus de 100 000 patients par an. Nous avons pour vocation d’être le leader et de le rester. L’impression 3D va énormément progresser dans les prochaines années grâce à un enjeu majeur qui est l’industrialisation de cette technologie avec la production en masse de plusieurs centaines de milliers d’unités. L’avenir est de notre côté.

source : https://motherboard.vice.com/fr/article/la-reproduction-en-3d-du-corps-humain-fait-un-bond-dans-le-futur

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